Lutte contre les produits phytosanitaires interdits

Mayotte est constituée d’une forte proportion d’agriculture informelle et une pratique courante de vente de produits agricoles en bord de route. La population mahoraise est exposée à des risques sanitaires importants liés à une mauvaise utilisation de pesticides et l’utilisation de pesticides interdits. En 2020, Mayotte comptait 4 300 exploitations agricoles déclarés, principalement des micro-exploitations, produisant sur une superficie totale de 6 000 hectares. Cependant, jusqu’à 80% de la production végétale est issue de l’agriculture informelle, ce qui entraîne une utilisation répandue de pesticides non homologués et dangereux pour la santé humaine et l’environnement.

Dans le cadre du plan de lutte engagé par la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de Mayotte (DAAF), et plus particulièrement par le Service Alimentation, une action judiciaire d’envergure a été conduite début février 2026 à Mayotte et en métropole.

C’est à la suite d’un signalement de la DAAF que le Détachement de l’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique (D-OCLAESP), basé à La Réunion, a été sollicité et a ouvert une enquête. Celle-ci avait pour point de départ l’interception, en novembre 2024 sur le port de Longoni, d’une importante cargaison de produits phytopharmaceutiques prohibés sur le territoire français, en provenance de Chine, de Tanzanie ou de Dubai.

Le 10 février 2026, l’aboutissement de cette enquête s’est traduit par une opération simultanée à Mayotte et dans le département de l’Allier. Six personnes ont été appréhendées et placées en garde à vue. Les perquisitions menées ont permis de mettre la main sur de nombreux produits phytosanitaires interdits ainsi que des médicaments soumis à prescription obligatoire, provenant notamment de Tanzanie, de Chine et de Dubaï, et écoulés dans des commerces de proximité en dehors de tout circuit légal et sanitaire. Plus de 105 000 euros d’avoirs ont été saisis, en numéraire et sur des comptes bancaires.
Ces produits, distribués sans aucun contrôle, représentaient un risque sanitaire sérieux pour les consommateurs mahorais. Les personnes mises en cause s’exposent à de lourdes sanctions pénales pouvant aller jusqu’à plusieurs années d’emprisonnement et des millions d’euros d’amende, notamment en cas de blanchiment.

Pour en savoir plus, retrouvez le communiqué de presse officiel de la Gendarmerie nationale ou les médias qui ont relayé l’information :

La 1ère / France Info : https://la1ere.franceinfo.fr/mayotte/un-trafic-de-medicaments-et-d-insecticides-interdits-demantele-a-mayotte-annonce-la-gendarmerie-nationale-1671384.html
Outremers360 : https://outremers360.com/bassin-indien-appli/mayotte-six-interpellations-dans-un-trafic-dinsecticides-et-de-medicaments-illegaux
Zinfos974 : https://www.zinfos974.com/trafic-dinsecticides-et-medicaments-six-interpellations-a-mayotte-et-dans-lallier-plus-de-105-000-euros-saisis/


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